Le Credo est bien plus qu’une formule répétée par les membres de la Confrérie. Dans Assassin’s Creed, il sert de cadre moral à des individus qui disposent d’une liberté d’action considérable et qui combattent précisément ceux qui veulent imposer un ordre absolu. Comprendre le Credo permet donc de mieux lire les choix d’Altaïr, d’Ezio, de Bayek et de nombreuses générations d’Assassins.
Qu’est-ce que le Credo des Assassins ?
Le Credo est l’ensemble de principes qui structure la conduite des Assassins. Il ne remplace pas le jugement individuel : il oblige au contraire chaque membre de la Confrérie à mesurer les conséquences de ses actes. Cette tension entre liberté et responsabilité explique une grande partie de la philosophie de la saga.
La maxime la plus célèbre, « Rien n’est vrai, tout est permis », n’est pas une invitation au chaos. Elle rappelle que les certitudes peuvent être construites, manipulées ou imposées, et que la liberté exige de réfléchir au-delà des apparences. Dans le récit, les Assassins sont ainsi constamment confrontés à une question : comment défendre le libre arbitre sans devenir eux-mêmes une nouvelle autorité absolue ?
Les trois principes traditionnels
La Confrérie transmet traditionnellement trois règles fondamentales. Elles ont une fonction pratique, mais aussi une dimension morale.
- Ne pas tuer les innocents. La lutte contre les structures de domination ne doit pas transformer les populations en victimes collatérales.
- Se dissimuler à la vue de tous. L’Assassin agit avec discrétion, utilise son environnement et évite d’exposer inutilement la Confrérie.
- Ne jamais compromettre la Confrérie. Une mission individuelle ne doit pas mettre en danger l’ensemble du réseau, ses refuges ou ses membres.
Ces règles permettent aussi de comprendre pourquoi les erreurs d’un Assassin peuvent devenir des événements narratifs majeurs. Une faute n’est pas seulement un échec tactique : elle peut être une rupture avec la philosophie du groupe.
« Rien n’est vrai, tout est permis » : une phrase souvent mal comprise
Dans l’univers d’Assassin’s Creed, cette maxime fonctionne comme un avertissement contre les vérités imposées. Elle invite à observer les institutions, les récits et les hiérarchies avec esprit critique. « Tout est permis » ne signifie pas que tout est moralement acceptable ; cela signifie que l’individu possède la capacité de choisir et doit assumer la responsabilité de ce choix.
C’est précisément ce qui oppose les Assassins à leurs adversaires idéologiques. Les Templiers considèrent qu’une paix durable nécessite davantage de contrôle et de structure. Les Assassins estiment qu’une paix obtenue en supprimant la liberté humaine perd une partie essentielle de sa valeur.
Altaïr et la transformation du Credo
Altaïr Ibn-La’Ahad occupe une place centrale dans l’évolution intellectuelle de la Confrérie. Son parcours montre qu’un Assassin peut respecter la lettre des règles tout en échouant à en comprendre l’esprit. Son évolution transforme progressivement une organisation rigide en une tradition davantage centrée sur la connaissance, la remise en question et la transmission.
Cette évolution explique pourquoi les générations suivantes héritent non seulement de techniques, mais aussi de textes, de réflexions et de débats. Le Credo devient une philosophie vivante plutôt qu’un simple règlement.
Le Credo avant les Assassins
La Confrérie telle qu’on la connaît n’apparaît pas immédiatement. Les Ceux qu’on ne voit pas, ou Hidden Ones, constituent une étape antérieure de cette tradition. Leur combat contre les structures de domination prépare progressivement les principes qui seront formalisés par les Assassins.
Pour comprendre cette transition, consultez notre dossier Les Hidden Ones : des Ceux qu’on ne voit pas aux Assassins.
Pourquoi le Credo reste le cœur de la saga
Les époques changent, les technologies changent et les protagonistes changent, mais la question reste remarquablement stable : jusqu’où peut-on aller pour protéger la liberté ? Cette continuité donne son unité à une franchise qui traverse des millénaires d’histoire.
Le Credo sert ainsi de fil conducteur entre le conflit antique contre l’Ordre des Anciens, la Confrérie médiévale, les branches de la Renaissance et la guerre secrète menée à l’époque moderne contre Abstergo.




