Assassin’s Creed II transforme la Renaissance italienne en terrain de jeu : Florence, Venise, la Toscane et la Romagne accueillent la vengeance d’Ezio, tandis que Léonard de Vinci, Lorenzo de’ Medici, Machiavel et Rodrigo Borgia croisent sa route. Beaucoup de ces noms, lieux et événements sont réels, mais le jeu les relie par une guerre secrète entièrement fictionnelle.
Ce dossier du Pilier 3 — Histoire réelle vs Assassin’s Creed compare la Renaissance documentée avec sa version Ubisoft : chronologie, familles florentines, conjuration des Pazzi, Léonard, Borgia, architecture et principales libertés prises par le scénario.
La Renaissance italienne : un monde fragmenté, pas une Italie unifiée
Au XVe siècle, l’Italie n’est pas encore un État unifié. La péninsule est partagée entre républiques, duchés, royaumes et États pontificaux. Florence, Venise, Milan, Naples et Rome possèdent leurs propres intérêts, alliances et rivalités. Cette fragmentation politique offre à Assassin’s Creed II un cadre idéal pour les complots et changements d’alliance.
Le jeu simplifie cette complexité mais conserve une idée essentielle : le pouvoir ne repose pas sur une seule couronne. Banquiers, grandes familles, institutions religieuses, magistrats et réseaux commerciaux peuvent tous influencer la politique.
Florence et les Médicis : une base historique solide
Florence est l’un des grands centres de la Renaissance. La famille Médicis y exerce une influence politique et économique considérable. Lorenzo de’ Medici, dit Laurent le Magnifique, est une figure historique majeure et survit réellement à la conjuration des Pazzi en 1478.
Dans Assassin’s Creed II, Ezio intervient directement dans cette crise et devient un allié de Lorenzo. Cette amitié appartient à la fiction, mais le jeu s’appuie sur un événement bien réel : l’attaque du 26 avril 1478 contre Lorenzo et son frère Giuliano pendant la messe. Giuliano est tué, Lorenzo survit et la tentative de renversement échoue.
La conjuration des Pazzi : vrai complot, faux Assassin
La famille Pazzi participe bien à une conspiration contre les Médicis. Assassin’s Creed reprend donc un complot historique authentique, mais l’intègre à son propre conflit entre Assassins et Templiers. Le jeu transforme des rivalités politiques, financières et ecclésiastiques en éléments d’un plan templier plus vaste.
Ezio n’a évidemment pas participé aux événements. Son rôle permet au joueur de traverser une crise historique de l’intérieur, tout en donnant une explication fictionnelle aux actions des conspirateurs.
Léonard de Vinci : personnage réel, amitié fictive
Léonard de Vinci est bien l’un des grands artistes et inventeurs de la Renaissance. Assassin’s Creed II l’utilise comme ami d’Ezio, décrypteur du Codex et concepteur d’améliorations pour ses équipements. Ubisoft assume cette proximité comme l’un des ressorts majeurs de l’aventure.
Les carnets, études mécaniques et projets de machines de Léonard sont réels. En revanche, sa collaboration régulière avec un Assassin, la réparation de lames secrètes ou sa participation à la guerre contre les Templiers appartiennent à la fiction. Le jeu condense également sa mobilité et ses activités pour maintenir Léonard à portée du récit.
Venise : puissance réelle, ville adaptée au parkour
La République de Venise est alors une puissance commerciale et maritime majeure. Le jeu restitue ses canaux, ses places et une partie de son architecture emblématique, mais modifie nécessairement l’échelle et les distances. Une ville jouable doit permettre des parcours lisibles, des poursuites et des points d’observation rapprochés.
Comme à Florence, la fidélité visuelle ne signifie donc pas reproduction métrique. Assassin’s Creed privilégie une impression historique crédible et reconnaissable plutôt qu’un relevé urbain exact.
Rodrigo Borgia : de personnage historique à grand antagoniste
Rodrigo Borgia a réellement existé et devient pape sous le nom d’Alexandre VI en 1492. Sa famille occupe une place importante dans la politique italienne de la fin du XVe siècle. Assassin’s Creed II exploite cette réputation de pouvoir, d’ambition et de controverses pour en faire le principal adversaire d’Ezio.
Le point de rupture avec l’histoire est majeur : Rodrigo Borgia n’était pas le chef d’un ordre templier mondial cherchant un artefact Isu. Cette dimension est entièrement propre au lore de la franchise. Le jeu relie ainsi un personnage réel à une conspiration fictive afin de donner un visage historique à son conflit central.
Machiavel : vrai penseur, faux rôle dans la Confrérie
Niccolò Machiavelli est lui aussi une figure historique majeure de Florence et de la pensée politique. Son intégration à la Confrérie des Assassins est fictionnelle. Assassin’s Creed utilise son intelligence stratégique et sa connaissance de la politique italienne pour construire un personnage crédible dans son univers.
Cette méthode revient souvent dans la saga : conserver les traits publics d’une personnalité réelle, puis imaginer une seconde vie clandestine compatible avec le récit.
Architecture et monuments : la fidélité au service du jeu
La cathédrale Santa Maria del Fiore, le Palazzo Vecchio, les palais vénitiens et d’autres monuments deviennent des repères de gameplay. Le joueur les escalade librement, même lorsque les conditions réelles d’accès, les transformations successives des bâtiments ou leur environnement urbain auraient été différents.
La chronologie architecturale est globalement utilisée comme guide, mais certains éléments peuvent être simplifiés ou adaptés pour créer une silhouette immédiatement reconnaissable et un parcours intéressant.
Une chronologie compressée
L’histoire d’Ezio s’étend sur de nombreuses années. Pour éviter de fragmenter l’aventure, le jeu rapproche des rencontres, accélère certaines transitions et relie des événements indépendants. Cette compression n’est pas une erreur accidentelle : elle sert à construire une progression continue du jeune Florentin vers le Maître Assassin.
Verdict : qu’est-ce qui est réel ?
Réels : Florence et Venise comme puissances de la Renaissance, les Médicis, la conjuration des Pazzi, Lorenzo et Giuliano, Léonard de Vinci, Machiavel, Rodrigo Borgia et son accession au pontificat.
Adaptés : la chronologie pratique des déplacements, certaines relations entre personnalités, la topographie des villes et la présence rapprochée de nombreux événements.
Fiction Assassin’s Creed : Ezio Auditore, sa relation secrète avec ces figures, la Confrérie telle qu’elle est représentée, les Templiers de la saga, le Codex utilisé dans cette intrigue et les artefacts Isu.
Pour poursuivre le Codex
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